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21/02/2011

Parcours de femme : Françoise Hostalier, députée, était l'invitée du Café de Flore de Femmes 3000 le 7 décembre 2010

femmes3000, femme députée

Le parcours de Françoise Hostalier, Députée UMP de la 15e circonscription du Nord, prouve qu’il est possible de passer inlassablement des problèmes à traiter sur le terrain de sa circonscription, aux fonctions à assumer au Palais Bourbon, en tant qu’élue de la Nation, sans faire de sa vie privée un dossier en souffrance… Á condition d’avoir besoin de très peu d’heures de sommeil !

Monique RAIKOVIC nous en a fait un compte-rendu très personnel ...

"Des propos de Françoise Hostalier, il ressort que, pour être à la hauteur des électeurs qui lui ont fait confiance, une parlementaire doit pouvoir faire montre :

1) D’un sens civique inné

Les scouts ont, paraît-il, pour devise : « Toujours prêt ». Françoise Hostalier n’a peut-être pas adhéré au scoutisme dans sa jeunesse, mais cette devise lui convient parfaitement. Elle a été une adolescente ouverte au dialogue et soucieuse de l’intérêt collectif, puisque « régulièrement élue déléguée de classe », selon ses propres termes.


De plus, nageuse de haut niveau, elle a développé ses capacités d’endurance et de résistance tout au long de ses années d’entraînement et de compétition, « une expérience formatrice irremplaçable et très utile en politique », insiste-t-elle. Jeune femme convaincue de pouvoir agir sur les problèmes de société auxquels elle se trouvait confrontée, Françoise Hostalier s’est engagée très tôt dans des mouvements associatifs. Mère de famille, elle a été, bien entendu, membre d’une association de parents d’élèves. Dans le même temps, professeur de Mathématiques elle remarquait, dans ses classes de lycée, « des jeunes qui n’allaient pas bien et qui se réfugiaient dans le hasch, les médicaments, l’alcool, se souvient-elle. Je me suis aperçue que les parents ne mettaient pas en garde leurs enfants contre les dangers à moyen et à long terme de ces conduites déviantes. Alors que j’étais persuadée qu’ils devaient leur parler de ces risques dès l’école primaire. J’en ai déduit qu’il fallait former les parents à ce discours. Et j’ai créé une association de lutte contre la toxicomanie destinée aux parents. C’était il y a 30 ans. C’est, là, le premier maillon de ma réflexion sur la nécessité d’initier une prévention des conduites déviantes dès l’école primaire. Quand, en 1995, je suis arrivée au ministère de l’Éducation nationale en tant que Secrétaire d’État chargée de l’Enseignement scolaire, dans le gouvernement d’Alain Juppé, mettre en place des structures de prévention des conduites déviantes, a donc été une de mes priorités. J’ai demandé à Marcel Duhamel, Directeur à la Direction scolaire, d’introduire de la prévention dans le primaire. Les aléas de la vie politique ont voulu que mon activité au sein de ce ministère ne dure que six mois et vingt-et-un jours. Néanmoins, en janvier 1996, devenue Inspectrice générale de l’Éducation nationale, j’ai reçu un courrier renfermant un fascicule de conseils en prévention destiné aux enseignants du primaire ! Depuis, beaucoup a été fait en ce domaine. Et l’on sait, aujourd’hui, qu’il s’agit d’une action à mener continûment. »

 

2) D’un ancrage idéologique solide

L’entrée en politique de Françoise Hostalier date de 1981 et de l’élection de François Mitterrand à la Présidence de la République : « J’ai été choquée par l’attitude de collègues de travail qui, au moment de la communication des résultats des élections, ont laissé éclater une joie revancharde.», relate-t-elle. Cela a agi sur moi à la manière d’un révélateur, d’une prise de conscience de mon appartenance à la famille libérale en politique. D’ailleurs, j’ai l’habitude de dire que je suis née sous Montesquieu. J’ai voulu réagir en me fixant comme fil rouge la défense de nos libertés et le respect de l’autre. J’ai rencontré François Léotard qui exprimait ce que je pensais. J’ai adhéré au Parti Républicain. Là, une structure avait été mise en place par des femmes pour les femmes, plus exactement pour encourager celles-ci à s’engager en politique. Et, en 1989, lors d’élections municipales à Armentières, on m’a demandé de m’inscrire en précisant que je n’avais aucune chance d’être élue, car j’étais en septième position sur la liste. Mais à la suite de défections, je me suis retrouvée Conseillère municipale d’Armentières, dans l’opposition. J’ai trouvé cette fonction passionnante. »

Françoise Hostalier mène alors de front [sans négliger sa vie de famille !] sa charge de conseillère municipale, son militantisme politique et sa carrière de professeur de Mathématiques commencée en 1976 et qu’elle n’interrompra définitivement qu’en 1993.

« En 1993, on est venu me chercher à nouveau, d’abord au nom du Parti Républicain, puis de l’UDF, pour être la candidate à la députation de l’Union UDF-RPR dans le Nord, poursuit-elle. Á nouveau, on m’a avertie que je n’avais aucune chance d’être élue. Personne n’ayant misé sur moi, car, en face de moi, il y avait les Socialistes en position de force, je ne disposais d’aucun moyen ! Mais avec du dynamisme, de l’enthousiasme et une bonne équipe, parfois… Nous avons gagné ! Mon mari assurait le décompte des voix. Á l’annonce des résultats et bien que consciente que je ne devenais pas Députée du Nord contre mon gré, je me répétais : ‘Oh la là ! Ce n’est pas possible !’

 

3) D’une capacité d’adaptation sans faille 

Non seulement c’était possible, mais Françoise Hostalier y était si bien prête qu’en 1995, elle était appelée aux fonctions de Secrétaire d’État au ministère de l’Éducation nationale, dans le Gouvernement Juppé, comme nous le savons déjà. « J’ai été une ‘Juppette’ », rappelle-t-elle, soulignant cette première qu’avait été l’entrée en nombre, dans le gouvernement, de femmes aussi compétentes que jeunes et allurées, aussitôt surnommées « les Juppettes » par la presse. « Cela a été un peu court et c’est dommage, ajoute-t-elle. Je ne regrette rien de ce que j’ai fait durant ces six mois et vingt-un jours. Être un Élu de la Nation, c’est se tenir prêt à accepter de remplir une fonction ministérielle dès lors qu’on y est appelé. Mais c’est, aussi, savoir y renoncer sans commentaire quand on vous dit d’en partir. J’ai été nommée, alors, Inspecteur général de l’Éducation nationale, dans le groupe Établissements et Vie scolaire. C’est un domaine qui englobe toute la vie scolaire car il lui revient de gérer, à la fois, la carrière des chefs d’établissement, le système d’orientation, le système de santé, c’est-à-dire tous les domaines de l’enseignement qui posent problèmes actuellement ».

 

4) D'une bonne santé et de bon sens  

La Députée Françoise Hostalier, qui a continué d’être Conseillère municipale d’Armentières (Nord) jusqu’en 2001, année où elle est devenue membre du Conseil municipal de Nieppe (Nord), sera battue aux élections à la chambre des Députés de 1997 et de 2002. Mais elle sera élue en 2007 en tant que Députée UMP de la 15e circonscription du Nord. « La vie d’un parlementaire est très prenante, très exigeante, insiste-t-elle. Il faut pouvoir penser à trois choses à la fois et garder le sourire en toutes circonstances. Il faut aussi avoir besoin de très peu de sommeil, ce qui est mon cas. Ce soir, en quittant cette réunion, je retournerai à l’Assemblée nationale où je suis de service de nuit jusqu’à 2 ou 3h du matin. Mais j’ai la très grande chance de pouvoir dormir où je veux, quand je veux, dans les transports en commun notamment. »

En somme, pour exercer la fonction de député, mieux vaut jouir d’une très bonne santé physique et mentale. « La politique est une affaire sérieuse, poursuit Françoise Hostalier. Il faut y tenir consciencieusement son rôle en sachant néanmoins garder une distance entre soi-même et ce rôle afin de ne jamais s’accorder trop d’importance. En bref, il faut savoir garder les pieds sur terre. Sinon, on va au devant de graves déconvenues et de grandes souffrances. Car la politique est un univers très dur. »

 

5)  D’une maîtrise rigoureuse du temps       

La vie de Député implique donc un solide bon sens et une organisation rigoureuse des activités incontournables, comme le confirme l’emploi du temps de Françoise Hostalier : « J’ai la chance de n’être qu’à une heure de TGV de Paris et de ne mettre que deux heures, porte à porte, pour passer de mon domicile à la Chambre des Députés, relève-t-elle. Je consacre un tiers de mon temps à Paris, deux tiers à ma circonscription et je réserve le dimanche à ma vie de famille. En temps ordinaire, cela se traduit ainsi : le samedi et le lundi matin, j’assume des permanences dans les communes de ma circonscription, le lundi après-midi, je travaille avec mes assistants et, deux lundis soirs par mois, je participe à une rencontre avec les militants. Le Jeudi et le vendredi sont également consacrés à ma circonscription, le mardi et le mercredi étant les deux jours que je passe au Palais Bourbon. Le dimanche est réservé à ma famille. Je me fais excuser pour toutes les manifestations fixées un dimanche. J’ai besoin de cette parenthèse familiale auprès de mon mari, de ma fille âgée de 32 ans, de mes fils, des jumeaux, âgés de 30 ans et de mes quatre petits enfants. Ce que les gens comprennent fort bien. »

 

6)  D'une soif d’apprendre et de comprendre  

Françoise Hostalier apprécie le travail en « Commission ». Elle a fait partie de la Commission des Affaires sociales et familiales. « Ayant été administrateur de la Fondation de l’Abbé Pierre pendant douze ans, je me sentais en prise sur le travail de cette Commission, en dépit de l’aspect très technique de certaines réunions. »explique-t-elle. Puis, elle a fait partie de la Commission consacrée aux Lois sur la Bioéthiques : « Le débat de 1993 autour de ces Lois m’avait passionnée, se souvient-elle. Cette fois, il s’agissait d’envisager l’éventualité de leurs révisions. Mais un Député, médecin de formation, m’a proposé de procéder à un échange de Commissions, ce qui me vaut d’être actuellement membre de la Commission de la Défense nationale et des Forces armées. Et je m’y trouve bien. Pourtant à travers mes activités professionnelles et associatives, je m’étais forgée, des militaires, une opinion peu favorable. Mais en découvrant ceux-ci sur le terrain, en l’occurrence au Tchad, j’ai changé d’avis et j’ai eu envie d’aller plus loin dans mon approche de ce milieu. Le travail en commission, au rythme de deux séances par semaine, consiste, pour une part, en des auditions de personnes. Aujourd’hui, avant de vous rejoindre, j’ai écouté parler du Service de Santé aux Armées. Dans la séance précédente, un collègue a abordé le problème de la piraterie. Et, un jour prochain, ce sera moi qui présenterai le compte-rendu de mes missions en Afghanistan. Nous avons également à suivre des projets, travail qui débouche sur la rédaction de rapports. J’ai ainsi été rapporteur d’un projet de loi sur le service civique, d’un autre sur les armes à sous-munitions et le protocole mis en place par la France pour détruire ses stocks, conformément aux recommandations internationales. Je participe également à un groupe de travail sur la Ruralité. Tous les problèmes de société sont abordés dans les commissions. Et je viens d’entrer dans un groupe travaillant sur la laïcité, car à la suite de la loi sur la burqa, il a paru nécessaire à nombre d’entre nous de réfléchir à ce sujet. Comme il y a toujours deux ou trois séances qui se déroulent au même moment, il nous faut choisir en fonction de nos pôles d’intérêt, mais aussi de nos disponibilités ! »

 

7)   D’une grande réactivité dans l’action

Françoise Hostalier est également très présente dans les « Groupes d’Amitié » de l’Assemblée nationale reliant la France à d’autres pays à travers les personnes des Députés. « Bien des pays n’ont pas notre niveau démocratique, n’ont pas l’habitude d’un parlement, rappelle-t-elle. Dans ces pays, le Groupe d’Amitié se lie avec une structure en place sans faire la fine bouche. Ainsi peuvent s’établir, ou se maintenir, des liens en dehors des relations diplomatiques officielles. Comme dans le Groupe d’Amitié France-Corée du Nord, par exemple. Personnellement, je suis Présidente du Groupe d’Amitié France-Tchad, Vice-Présidente du Groupe d’Amitié France-Afghanistan. Je participe également au groupe France-Bosnie, au groupe France-Algérie et à d’autres encore avec des pays tout aussi attachants, mais aux prises avec des problématiques beaucoup moins sympathiques. Il ne faut jamais perdre de vue qu’un Groupe d’Amitié de l’Assemblée nationale n’a pas pour fonction de donner des leçons, mais de chercher à comprendre et, surtout, d’aider.»

Françoise Hostalier apprécie que ces Groupes d’Amitié facilitent grandement les actions d’aide aux populations des pays concernés. Comme en témoigne le succès de l’opération de dons qu’elle a montée avec le concours de l’Assemblée nationale au profit du Tchad : « J’ai dit à Bernard Accoyer :’ L’Assemblée nationale tchadienne a été entièrement pillée, elle n’a plus rien, il faut lui fournir du matériel.’ – ‘Voici comment tu dois procéder’, m’a-t-il répondu en me donnant la liste des réglementations à suivre, ce qui représentait, par la voie administrative ordinaire, des mois de démarches. Grâce au Groupe d’Amitié France-Tchad j’ai pu partir six semaines plus tard avec onze palettes de matériel transportées par les militaires, quinze autres palettes devant suivre par la même voie. Dans ce matériel, se trouvaient cinquante ordinateurs munis de tous les logiciels nécessaires à leur bon fonctionnement. »

 

8)  De fidélité à ses engagements et à ses amitiés

Qu’elle se rende dans des pays étrangers en tant que simple membre de la famille politique libérale ou bien en tant que Députée, représentante de l’ensemble de l’Assemblée nationale et de la France, Françoise Hostalier parvient à nouer des liens d’amitié authentiques avec ses interlocuteurs et, plus particulièrement, avec ses interlocutrices. Ainsi mentionne-t-elle volontiers « ses amies algériennes » : « J’ai découvert l’Algérie en 1992, au moment où le GIA entrait en scène, précise-t-elle. J’y suis retournée à deux reprises en 1997. C’est en soutenant mes amies algériennes qui résistaient aux menaces et aux attentats du GIA que j’ai ‘découvert’ l’Afghanistan. Ce sont elles, en effet, qui m’ont ouvert les yeux sur le terrorisme international et les menaces pour l’ensemble de la planète qui avaient ce pays lointain pour terreau. Alors, je me suis impliquée dans l’aide aux femmes afghanes, à travers le soutien des classes clandestines, puis celui de l’Alliance du Nord jusqu’à l’assassinat du Commandant Massoud. » Un soutien qui ne s’est jamais démenti depuis. En effet, Françoise Hostalier, Vice Présidente du Groupe d’Amitié France-Afghan a effectué quatorze missions dans ce pays entre 2002 et 2010, « dans des conditions très diverses » écrit-elle dans le rapport de sa dernière mission en septembre 2010. On y lit qu’elle a pu suivre, à Kaboul, les élections législatives afghanes de 2010,  au titre d’« observateur indépendant du Parlement français », solution qu’elle avait trouvée pour obtenir, sur place, une carte d’accréditation de la commission électorale afghane pour son accompagnatrice et elle-même, sésame qu’elle n’avait pu obtenir par les voies officielles en dépit de multiples démarches. En tant que membre de la Commission de la Défense à l’Assemblée nationale, elle a tenu à rencontrer des militaires français afin de « se rendre compte de leurs missions et des problématiques actuelles auxquelles ils sont soumis ».Puis, en tant que membre de l’ONG Mères pour la Paix, elle s’est rendue, hors de Kaboul, dans la plaine de Chamali, afin de valider, au nom de cette organisation, le projet de reconstruction et de fonctionnement d’une école et d’une clinique dans cette région. Enfin, initiatrice de l’opération « Graine de Paix », elle s’est occupée de régler les ultimes préparatifs d’une semaine d’action à Paris en collaboration avec l’ONG Aschiana, partenaire de cette opération (voir le site : www.graine-de-paix.org). Et ceci en sept jours seulement. Une rude semaine, en compagnie de Fahimeh Robiolle, son accompagnatrice, son interprète, sa conseillère et de Waheed, son guide, son chauffeur, l’un et l’autre semblant bien être entrés dans la ronde de ses amis autour du monde. « En lien avec le suivi du déroulement des élections et du soutien du parlement français au parlement afghan depuis le début de la démocratisation de ce pays, peut-on lire dans son rapport, j’ai consolidé les démarches déjà entreprises et permettant de réaliser le projet d’une formation ouverte à toutes les femmes nouvellement élues députées. Cette formation qui sera pilotée par Fatimeh Robiolle se déroulera en deux parties : une première formation à Paris en janvier 2011 et une autre à Kaboul courant 2011. »

 

9)   D'un rejet de la médiocrité et des demi-mesures. 

 Cette femme déterminée, qui parvient à contourner les lenteurs et autres obstacles administratifs quand ceux-ci s’avèrent susceptibles d’entraver un projet qui lui tient à cœur, cette femme qui est à l’écoute des femmes d’ailleurs, est aussi celle qui a fait campagne contre la loi sur les quotas. « Quota signifie femme potiche, femme alibi, assure-t-elle ! Nous avons été deux à voter contre, Elizabeth Badinter à Gauche et moi, à Droite. Il est évident que sans une vraie volonté des Politiques et une vraie volonté des femmes, on n’arrivera jamais à une bonne solution. Il n’en reste pas moins que, dans l’immédiat, la réponse proposée par le législateur est aussi une forme de discrimination. S’il faut vraiment en passer par l’observance de quotas dans les Conseils d’Administration, passons-en par là, mais le moins longtemps possible ! Par contre, dans les Conseils municipaux, je crains que, sous prétexte de respect des quotas, d’élections panachées, on ne cherche à mettre en place des femmes acceptant de se taire … Á propos de quota, voici un fait qui m’a amusée : lors des dernières élections municipales, dans une commune de ma circonscription, il y a eu onze élues, pas un homme. La Maire m’a contactée pour me dire, ‘J’ai un problème : suis-je en dehors de la loi sur les quotas ?’ Plus généralement, au quotidien, en politique, le fait de n’être pas très nombreuses s’avère parfois un avantage pour les femmes. Ainsi, dans un dîner où vous vous trouvez être la seule femme, vous êtes automatiquement placée à côté de la personne importante de la soirée. Mais, trêve de futilité : je suis toujours prête à intervenir pour aider les femmes à se manifester. Ainsi, Je me rends chaque 11 juillet en Bosnie pour commémorer le massacre de Srebrenica. Je sais que les femmes ont été les premières victimes de ce conflit. C’est pourquoi je suis intervenue pour qu’elles soient impliquées dans les discussions, les décisions visant à la résolution des drames qui en ont découlé. Dans un état d’esprit analogue, à la suite de la mise en accusation de Clotilde Reiss par l’Iran, j’ai créé à l’Assemblée Nationale, un groupe d’intervention rapide pour la défense des Droits de l’Homme »

Pour Françoise Hostalier, le port de la burqa –plus exactement, ce que sous-tend le port de ce vêtement - est manifestement un problème beaucoup plus grave que celui du respect des quotas dans notre pays. Peut-être ne lui déplaît-il pas, non plus, de savoir les femmes obligées de faire montre de plus de compétences et de force de caractère que les hommes pour se hisser à des postes de commande. Peut-être aime-t-elle ce temps des défricheuses, qui ne tolère pas la médiocrité. « Ingénieure à Air Liquide, ma fille a été la première femme à diriger des chantiers pour cette entreprise. Maintenant, elles sont cinq ! Et le chef mécanicien de la base aérienne militaire d’Orléans est une femme.» tient- elle à dire, comme pour signifier que la réussite ne dépend pas forcément du genre, mais bien plutôt de la compétence et, peut-être aussi de la chance. – « Par deux fois, le train s’est arrêté pour moi, et je ne l’ai pas manqué », dit-elle joliment.

 

10)  D’assez de respect de soi pour ne jamais se dédire

Françoise Hostalier assume avec aisance ses fonctions de députée de la 15e Circonscription du Nord et affiche avec sérénité ses convictions. Ce qui l’amène à refuser de se plier à la discipline de vote qu’attend d’elle sa famille politique quand la mesure qu’on lui demande d’approuver heurte son respect de l’autre et son sens de la liberté. « J’ai voté contre les amendements sur l’immigration et je m’en suis expliquée » dit-elle simplement. Elle tient à sa liberté de pensée comme à sa liberté de parole. « D’ailleurs, explique-t-elle, à la Chambre, dans le cadre de leur activité parlementaire, les députés ont une liberté de parole totale. Mais, aujourd’hui, ils hésitent à en faire usage à cause du travail de la presse. Rachida Dati a eu beaucoup à souffrir de ce climat. Aussi, pour ne pas se trouver entraîner dans un engrenage infernal, on devient excessivement prudent, on ne s’exprime plus au téléphone sans avoir pris au préalable des renseignements sur son interlocuteur. Il existe une pression des média qui oblige les politiques à choisir entre recourir à la langue de bois ou prendre des risques. Alors que, dire ce qu’ils pensent est non seulement un droit des parlementaires mais surtout un devoir ! En 1995, j’avais organisé un colloque sur le rôle social des média. Aujourd’hui, il semble que, dans ce milieu, on ne prenne plus garde qu’à la petite phrase qui tue, qu’on ne cherche plus que les scoops, le scandale… Je dis bien ‘il semble’… Je sais que la presse ne se résume pas à cela. Mais c’est néanmoins cela qui laisse des traces, qui tâche… J’ai appris à me méfier des journalistes, moi aussi. »

 

Ces « vertus » sont les mêmes que celles dont doit faire montre l’entrepreneuse, certes. Et il est bien évident que chacune, députée ou entrepreneuse, s’arrange de ses capacités à répondre à ces exigences avec plus ou moins de talent, selon les moments ! Mais la députée doit le faire au su et au vu de tous, notamment des médias…  Dangereux, cela ! L’entrepreneuse prend des risques financiers, la députée, des risques idéologiques et parfois des risques pour sa vie (mission dans un pays en guerre, par exemple : Françoise Hostalier enlevée en Afghanistan, cela aurait fait du bruit ! Heureusement, les « intéressés » n’y ont pas pensé !) L’une et l’autre ont grandement besoin de croire en elles-mêmes et, peut-être, de percevoir qu’on croît en elles… Toutes deux mettent en jeu leur réputation, au moins par rapport à leur entourage immédiat. Il faut donc à la députée comme à l’entrepreneuse, de la chance, beaucoup de chance, pas mal d’ambition et de persévérance… Mais, pourquoi des femmes d’action s’introduisent-elles dans le monde de la politique plutôt que dans celui des affaires ? Du fait d’un rapport à l’argent différent ? En raison de leur éducation et de leur histoire familiale ? Par hasard ? A vous, adhérentes de Femmes 3000, engagées en politique ou entrepreneuses – parfois, plus ou moins les deux à la fois ! - de réfléchir à ces questions !

Monique Raikovic

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