Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

25/03/2013

Ces femmes qui font l'Europe : Catherine Césarsky, la tête dans les étoiles

Bando Ces femmes qui font l'Europe v2.jpg

Ci-dessous le 1° portrait de femme réalisé par l'équipe du Journal Femmes 3000 dans le cadre du projet 2013 Ces femmes qui font l'Europe.

Ces femmes qui font l'Europe
Catherine Césarsky, la tête dans les étoiles

Portrait réalisé par Isabelle BOURDIAL (email)

Les vocations prennent parfois des chemins détournés pour éclore. Rien ne prédestinait Catherine Césarsky à une carrière scientifique. Et pourtant, cette astrophysicienne, aujourd'hui Haut-Conseiller scientifique au Commissariat à l'énergie atomique et aux énergies alternatives (CEA), a particulièrement contribué au rayonnement des sciences de l'univers.

Celle qui fut l'un des principaux conseillers du gouvernement entre 2009 et 2012 en matière d'énergie et de science a enCC2.jpg effet joué auparavant un rôle déterminant dans l'évolution de l'astronomie spatiale et au sol européenne. Elle est à l'origine de plusieurs grands projets de recherche, entamés entre 1985 et 2007 lorsqu'elle dirigea le Service d’astrophysique du CEA, la Direction des Sciences de la Matière au CEA, puis l’ESO. Elle préside à la création du télescope le plus puissant au monde (projet European Extremely Large Telescope ou ELT), qui devrait entrer en activité en 2021 dans le désert d'Atacama, au nord du Chili. L'Extrêmement Grand Télescope Européen sera alors à même de détecter des exoplanètes semblables à notre Terre. Quand on sonde l'infiniment grand, on s'affranchit aisément des frontières terrestres : membre de l'Académie des sciences et de l'Academia europaea, elle fut directrice générale de l'organisation européenne pour les recherches astronomiques dans l'hémisphère austral (ESO) de 1999 à 2007, présidente de l'Union astronomique internationale de 2006 à 2009...


Qui aurait pu prévoir que la petite fille qui croisait la fine fleur des écrivains argentins dans la librairie francophone de son père, à Buenos Aires, se destinerait aux sciences de l'univers? Dans sa famille, on plaçait la littérature au-dessus de tout. Catherine avait 2 ans lorsque ses parents français s'établirent en Argentine fin 1945. La benjamine de trois filles savait lire à l'âge de 4 ans. Elle a 7 ans lorsque, confie-t-elle un jour à une journaliste de l'hebdomadaire Marianne, elle découvre Le petit Prince, publié l'année de sa naissance. L'oeuvre allait marquer sa vie. Et, selon ses dires, lui rappeler à jamais l'enfant qu'elle a été. Est-ce l'astéroïde B612, la planète à peine plus grande qu'une maison d'où est issu le sublime personnage imaginé par Antoine de Saint-Exupéry qui, à l'image du narrateur du roman, lui fait porter un autre regard sur le ciel? Toujours est-il qu'elle obtient sa licence en sciences physiques à l'université de Buenos-Aires en 1965 avant de soutenir une thèse d'astronomie à Harvard six ans plus tard. Elle s'installe en France en 1974, entre au CEA où elle s'intéresse aux rayons cosmiques, puis à la formation des étoiles au sein de vastes nuages de gaz.

D'étoiles en étoiles... Sans pour autant quitter la voûte céleste, elle s'emploie aujourd'hui à accroître la magnitude d'autres corps stellaires, ceux qui brillent au firmament du drapeau européen. Elle est en effet aujourd'hui l'une des sept experts du comité indépendant chargé par la commission européenne de rechercher le prochain président du conseil européen de la recherche (CER), l'agence de l'Union européenne qui soutient la science exploratoire. La tâche est d'importance car le CER est devenu la principale agence européenne qui finance la recherche d'excellence en Europe. A la voir ainsi parcourir le monde, d'observatoire en observatoire, et voyager d'une galaxie à l'autre, on peut penser que cette femme extraordinairement ubiquiste parviendra peut-être, comme le Petit Prince, à voir le soleil se coucher 43 fois dans la même journée.

Isabelle BOURDIAL

En savoir plus sur Isabelle BOURDIAL

Isabelle BOURDIAL.jpgOriginaire de Corrèze, le Pays vert. Après des études de biologie et d'océanographie, découvre comment concilier son envie d'écrire et son intérêt pour les sciences en devenant journaliste scientifique. Rejoint la rédaction du mensuel Science & Vie en 1987, publie une vingtaine d'ouvrages de vulgarisation scientifique. Collabore à plusieurs émissions de TV (E=M6, Animalia...) et à des docufictions (Homo sapiens, Le sacre de l'homme...). Depuis 2006, rédactrice en chef des Cahiers de Science & Vie, magazine consacré à l'histoire des civilisations, qui paraît toutes les six semaines.

Sur le projet de Femmes 3000 « Ces femmes qui font l’Europe » : Œuvrer pour la visibilité des femmes, c'est louable. Toutefois, à moins de vouloir braquer un projecteur sur la moitié de la population, une sélection s'impose. Comment choisir les femmes qui méritent au premier chef qu'on parle d'elles? La possession d'une paire de chromosomes X est un critère nécessaire mais, vous serez d'accord avec moi, pas suffisant en soi. L'engagement pour une cause en est un autre d'importance, a fortiori quand la cause est noble. Participer à la construction de l'Europe, donner de son temps, de son énergie, de son talent, à ce vaste chantier toujours renouvelé, voilà qui mérite d'être salué.

Les commentaires sont fermés.